lundi 8 février 2010

Une consultation à 3 taka

J’ai eu la chance d’aller voir un médecin à l’hôpital de Shyamanagar ce samedi en fin de journée. Une expérience assez mémorable !
Ne vous inquiétez pas, rien de grave, juste une réaction un peu violente au vaccin du BCG que j’ai eu avant de partir. Je voulais me rassurer en allant voir un médecin, je ne sais pas si c’était vraiment une bonne idée...
Heureusement entre temps j’ai eu les conseils avisés de pharmaciens compétents de La Baule ! Merci !

Donc l’hôpital de Shyamanagar ne ressemble pas à grand chose. Bon ils ont quand même un générateur, il y a vait une coupure de courant quand j’y suis allé mais eux avait de la lumière.
Un secrétaire (enfin je suppose) a appelé le médecin qui est arrivé qq minutes plus tard. C’était une femme, parlant à peu près anglais, heureusement !

La salle de consultation a la peinture qui tombe des murs, il y a une table, et rien d’autre, aucun équipement. A priori il y a 50 lits dans l’hôpital et 100 patients...
La médecin a compris mon problème mais ce n’était pas vraiment clair si c’était normal ou non. Après pas mal de discussion, c’est normal, et je suis repartie avec une ordonnance en anglais ! Elle avait commencé au départ à l’écrire en bangla...
Apparemment ils aiment bien prendre bcp de médicaments ici, même s’ils n’ont rien, sinon ils ne peuvent pas guérir. Elle m’a donc prescrit des antibiotiques, un anti-douleur et un anti-acide pour aller avec l’anti-douleur. Finalement je ne suis pas allée à la pharmacie, je ne vais pas prendre d’antibio pour l’instant.
Mais il y a plein de pharmacies dans Shyamanagar ! Certaines ont même un frigo !

Cette petite escapade nous fait dire qu’il ne vaut mieux pas avoir qq chose d’urgent ici, et qu’il vaut mieux aller se faire soigner à Dhaka ou à Khulna (deuxième ville du pays, à 2 ou 3h d’ici)
Même l’hôpital de Cankuzo avait meilleur allure !

Enfin cette consultation m’a coûtée 3 taka, soit 3 centimes d’euro (oui c’est facile il suffit de diviser par 100 !) Même pour ici ce n’est pas cher ! Pas étonnant après qu’il n’y ai aucun équipement !

Encore un meeting bangladeshi...

J’ai pu assister à un certain nombre de meeting en tous genres depuis mon arrivée ici.
Avec Opu, mon assistant, on a d’abod fait le tour des reponsables, à différents niveaux, pour se présenter, présenter les activitée, et les informer que l’on va commencer l’évaluation des besoins.
On intervient dans l’Upazila de Shyamnagar, qui appartient au district de Satkhira, division de Khulna (il y a 5 ou 6 divisions au Bangladesh je crois). L’upazila est ensuite divisée en union, puis en ward, et enfin en villages.
On intervient dans 4 unions, 3 unions de l’upazila Shyamnagar (Burigoalini, Padmapukur et Munshiganj), et une union de l’upazila Assasuni (Protapnagar).
L’upazila est représenté par le TNO (je ne sais plus ce que ça veut dire, c’est du bangla), et les unions par des Chairmen. Il y a ensuite une assemblée de ward members dans chaque ward. Ca se sont des gens nommés, il y a aussi l’équivalent en représentants élus (UP) mais on ne les voit pas trop (je ne sais pas trop pourquoi d’ailleurs, ils doivent avoir moins de pouvoir).
Voila pour planter le décord.
On a donc été voir le TNO, qui pensait que j’étais allemande, il était donc content de savoir que je venais de l’est de la France, près de la frontière avec l’Allemagne (il n’avait donc pas tout à fait tort). Il parle anglais mais j’ai eu beaucoup de mal avec son accent au départ.
On a également été voir les chairmen, qui eux parlent au mieux 2 ou 3 mots d’anglais. De toutes façons ils ne me parlent pas parce que je suis une femme, et ne me serrent pas la main.
Ce qu’il faut savoir c’est que toute ces entrevues sont publiques. Donc tout le monde peut écouter ce qu’on raconte ! En plus ça a lieu le plus souvent en extérieur.

On a aussi eu droit à des meeting soit disant de coordination, avec les autres ONG présentes dans le secteur. Il y a en effet un certain nombre d’ONG en tous genres dans le coin, et la coordination est importante. Mais ça ne servait à rien du tout !
Ce sont des discours du genre ‘oui, coordonnons-nous’, ‘la coordination c’est important’ mais ‘ne décidons rien pour le moment, revoyons-nous dans un mois pour se coordonner...’
Ici toute réunion commence avec un minimum de 30min de retard, le pompom a été pour celle de mardi dernier, prévue à 10h30, elle a commencé à 12h15...
Et tout ça pour parler de leurs réalisations passées, alors que le but était de voir qui intervient où, et pour faire quoi, pour éviter de tous faire la même chose au même endroit...Ils en profitent aussi pour régler leurs comptes ! Et comme il y a des ONG et des politiques, ça négocie tout le temps, ce n’est vraiment pas productif.
Et bien sûr tout ça en bangla, vu qu’on est les seuls expats du coin chez Solidarités !
Encore une de 3 heures aujourd’hui, je crois que je vais arrêter d’y aller.
Enfin c’était quand même intéressant à la fin un des membres d’un ward m’a demandé de construire 10 maisons pour les employés de son espèce de police locale !!

Bref il n’y a pas que dans l’industrie en France qu’on fait des réunions ‘blanquettes de veau’, qui n’en fnissent pas et ne font pas avancer le schmilblick... N’est-ce pas Manue ?

A chaque fois on a quand même droit à qqch à manger et à boire, mais dès qu’ils ammènent le thé il ne faut pas attendre car ils l’enlèvent aussi vite !
Mais les bidishi ont toujours les places d'honneur!!

vendredi 5 février 2010

Une semaine au Bangladesh

En ce vendredi, soit l’équivalent d’un dimanche en France, je vais essayer de vous donner un apperçu de la semaine qui vient de s’écouler.
Vendredi dernier : première grasse matinée depuis mon arrivée ici, mais écourtée par l’arrivée à 10h d’un technicien dans ma chambre pour percer un trou dans la porte. Je ne sais pas trop comment ils sont rentrés dans la maison, avec les propriétaires qui habitent à côté a priori. En fait ici ce n’est pas très structuré : ils ont mis deux semaines à installer des barres à rideau et poser un évier qui fuit et qui risque de s’effondrer à tout moment. La qualité ici n’est vraiment pas terrible.
Enfin maintenant on a une table dans le séjour, des chaises, des étagères dans les chambres et des moustiquaires, indispensable ici. Et une cuisinière !! Elle cuisine bien, pour la lessive c’est vraiment pas terrible mais je préfère dans ce sens là. On continue à manger du riz, on a juste eu des pâtes un jour, mais petit à petit on lui apprendra à faire autre chose.
Le chef de mission, basée en capitale, est venu pour qq jours avec de nutella, du fromage, du vin...tout ce qu’on ne trouve pas à Shyamnagar !

Premier week end court car vendredi après-midi boulot avec le program manager du projet précédent, qui a monté ce projet là, et qui m’a donné qq conseils.
Puis samedi encore des entretiens d’embauche.
Et dimanche nouvelle semaine avec quasiment toute l’équipe (sauf le shelter officer qui est arrivé mardi). Nous voila au complet !
Le début est un peu dur. J’ai un peu de mal à appréhender tout ce qu’il y a à faire, comment organiser tout ça. Et c’est un peu dur car les équipes terrain ne parle pas anglais ! Il faut le temps de se mettre dans le bain.
J’ai fait des sorties sur le terrain avec les équipes qui commencent l’évaluation des besoins afin de pouvoir ensuite choisir les bénéficiaires. Partie super importante du projet mais assez difficile à faire, et souvent faite beaucoup trop vite (pas beaucoup de moyen et donc de temps et de personnel pour ça car pour les bailleurs ce n’est pas vendeur : pas de maisons ou de latrines à montrer...avec un beau petit logo ECHO...)
Je me pose donc beaucoup de question sur la pertinence, peut-être trop !

Les sorties terrain se font à moto, ce qui ne m’enchante pas plus que ça...Je suis en phase de sélection des chauffeurs les plus lents et prudents, certains sont déjà sur ma liste noire !
On utilise aussi beaucoup le bâteau (enfin plutôt des barques !)

Semaine terminée avec un gros rhume, le nez complètement bouché...Et une bonne nuit entre jeudi et vendredi. Deuxième vendedi tranquille avec, l’après-midi, une bonne séance de badminton, sport très populaire ici. Le terrain est juste en face de la maison.
Beaucoup de spectateurs, je pense que des blancs, et des filles, qui jouent au badminton, ça fait des curieux !
Et le week end est déjà fini ! Demain réunion de base, et meeting de coordination avec les autres ONG intervenant dans la région. Je vous parlerai des meeting ici, on pourrait largement parler de réunion blanquette de veau... !

Bientôt des photos! Pour l’instant je n’ai que des photos pour le boulot : maisons détruites, forages, latrines...mais ça va venir !

mercredi 27 janvier 2010

Le tigre du Bengale

En fin de semaine dernière un tigre, qui normalement vit dans la forêt (Sundarbans), est arrivé dans un village. Il était apparemment effrayé et s’est réfugié sur le toît d’une maison. C’était l’attraction de la journée mais malheureusement je n’ai pas pu aller le voir.
Ils ont finalement réussi à le mettre dans une cage et ont fini par le tuer. C’est normalement une espèce protégée. La raison invoquée est que si ils le remettaient dans la forêt il allait revenir ensuite dans le village, et tuer des gens...

Bon sinon il ne se passe pas grand chose de passionnant dans les environs !
Ah si, ces 2 derniers jours il y a avait un tournoi de badminton (sport très pratiqué ici). Le problème est que le terrain est juste en face de la maison, il y a énormément de monde, un speaker avec un micro, donc c’est très bruyant et ça dure jusque tard dans la nuit.
Enfin ce n’est pas pire que l’appel à la prière au milieu de la nuit.

Côté boulot on a commencé l’assessment, c’est-à-dire l’évaluation des besoins. Les équipes vont sur le terrain faire du porte à porte pour poser des questions, ce qui permettra de choisir les bénéficiaires, selon des critères de vulnérabilité. Le problème est que l’on n’a qu’une des 3 branches de l’équipe pour le moment, faute de candidats pour les autres postes. Une nouvelle session de recrutement est en cours (avis à tous ceux ayant des connaissances en construction , forages ou filtre à sable !)

La maison commence à être un peu plus équipée. On a maintenant des moustiquaires, et bientôt des tables et des étagères. Et le recrutement de la cuisinière est en cours.
Je suis en train d’étudier les différentes possibilités pour avoir de l’eau correcte à la maison car l’eau qu’il y a provient d’un pond dans lequel retournent a priori une bonne partie des eaux usées. Elle est jaune, turbide et salée...Ca ne donne pas trop envie de se laver !

vendredi 22 janvier 2010

carte de visite - deuxième version

Recrutement

Ca y est, j’ai recruté des gens pour la première fois de ma vie !
Mon assistant avait déjà été recruté avant mon arrivée, il a déjà travaillé pour Solidarités.
J’ai recruté un Shelter Officer, qui sera en charge de la partie construction d’abris du projet, et un Watsan Officer qui sera en charge de la partie eau et assainissement (forages, filtres à sable, latrines, promotion à l’hygiène…) Ce sont des ingénieurs qui viennent d’autres districts du pays, ils ont déjà travaillé pour des ONG ou pour la Croix Rouge / Croissant Rouge.
Ils ont passé un test technique et j’ai dû faire des entretiens téléphoniques en anglais…Entre mon anglais pas terrible, mon accent et le leur, ce n’était pas évident ! J’espère qu’on s’est bien compris, et qu’ils vont effectivement venir (ils devraient arriver dans 10j et 3 semaines).

On recrute maintenant pour les techniciens, charpentiers et promoteurs à l’hygiène. On essaie de recruter en local mais dans l’ensemble ils n’ont pas de qualification. Le problème c’est que le projet est assez court et doit commencer très vite (sinon les bailleurs ne sont pas contents) et donc on n’a pas le temps de les former. Je trouve ça un peu dommage, mais c’est comme ça dans les ONG d’urgence…
Les entretiens se font en bangla, donc je ne comprends rien…En plus pour les abris, je n’y connais rien ! J’apprends sur le tas comment faire un abri le plus anticyclonique possible.

Je vais donc avoir une équipe de 16 personnes. La base sera constituée de 26 personnes en tout, dont 3 expats. On fait ensuite appel à des sous-traitants et des travailleurs journaliers issus de la communauté des bénéficiaires pour la réalisation des travaux.
J’espère avoir au moins une femme dans mon équipe mais ce n’est pas gagné. Pour les postes techniques aucune n’a postulé, qq unes pour les promoteurs à l’hygiène mais elles ne connaissent pas du tout le boulot. J’ai fait un entretien pour le watsan officer avec une femme mais elle ne parle quasiment pas anglais (pour ce poste c’était demandé, et elle a postulé en anglais), elle construit des routes, rien à voir avec l’eau, et elle demande un salaire de fous alors qu’elle n’a pas d’expérience !
C’est vraiment pas évident d’être une femme ici. Dans la rue, on ne voit quasiment que des hommes, ce sont eux qui tiennent les magasins, les restaurants…
Quand je suis allée sur le terrain avec mon assistant les gens lui serraient la main, mais pas à moi…On reparlera plus tard de cet aspect, j’aurai sûrement des anecdotes à raconter !!

jeudi 21 janvier 2010

carte de visite!



Bon on ne voit pas grand chose, je ne sais pas si vous pourrez agrandir la photo (je ne suis pas très douée pour la mise en page....)
Dès que le courant revient j'essaierai de scanner la version anglaise!